Les collaborations entre les partenaires du sud et du nord impliqués dans le LMI Mikaroka sont anciennes, continues et solides. Elles ont débuté dans les années 2000 entre les enseignants-chercheurs du laboratoire ECOMAR de l’Université de la Réunion (devenu ENTROPIE en 2015) et l’IH.SM et le CNRO. Les collaborations entre l’IH.SM et ENTROPIE se sont ensuite développées au travers de la Jeune Equipe Associée à l’IRD (JEAI) ACOM (Aquaculture et gestion des écosystèmes COralliens à Madagascar) entre 2016 et 2019, qui, fort de son succès, s’est poursuivie par la création du LMI Mikaroka phase 1 (2020-2024).
Les recherches effectuées durant cette phase 2 du LMI Mikaroka concernent les habitats côtiers de Madagascar. Cinquième plus grande île au monde, Madagascar possède plus de 5 600 km de côtes, 1 130 km de récifs frangeants et 502 km de récifs-barrières. La biodiversité marine reste encore peu connue par rapport à l’étendue des habitats, alors que plus de la moitié de la population (~16 millions d’habitants) vit près des côtes où l’exploitation des ressources marines, l’urbanisation, les sources de pollution et le nombre d’habitants ne font qu’augmenter. Dans un contexte de changement climatique global, Madagascar, comme la plupart des zones tropicales, est impactée par de nombreuses perturbations de grande ampleur, comme les vagues de chaleur à l’origine des évènements de blanchissement corallien ou les cyclones, et dont la fréquence et l’intensité augmentent depuis les trois dernières décennies.
Face à ces enjeux, Madagascar s’est fortement engagé dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030 pour le développement durable. Ainsi, le Plan Directeur de la Recherche (PDR) en Sciences Marines établi par Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESUPRES) en 2018 insiste sur la nécessité d’accentuer les efforts en matière de gestion durable des ressources marines et de restauration des écosystèmes. Ce PDR souligne l’importance des informations scientifiques qui doivent aider aux prises de décisions dans les secteurs de l’environnement marin et de la pêche. Les actions du LMI Mikaroka correspondent aux axes retenus par le MESupReS dans son PDR : a) santé des écosystèmes liée au changement climatique, b) sécurité alimentaire et nutritionnelle, c) gestion durable des espèces marines et leurs habitats. Au plan régional, ces actions entrent dans le cadre des objectifs de la Convention de Nairobi qui vise à mieux connaitre et comprendre les environnements côtiers et à renforcer le lien entre l’évaluation de ces milieux et les processus de décisions des pays partenaires.

